Épisode 4 – Mycellium dans la forêt

Parfois, les lieux les plus reculés sont aussi ceux où l’on découvre comment tenir ensemble.

Seul au cœur de la forêt

Je me souviens de cette course d’examen, seul pour chercher cinq balises dont j’avais du d’abord trouver l’emplacement sur une carte par différentes méthodes : azimut, triangulation, lecture de carte.
Le sous-bois était silencieux, humide. L’odeur de la terre et des fougères m’entourait. Des traces de repas d’animaux dispersées ponctuaient le chemin. Je me suis arrêté, respiré, recalé ma carte et ma boussole, et senti l’incertitude monter : j’étais seul, et pourtant responsable de trouver la bonne direction.

Chaque décision comptait. Chaque erreur pouvait coûter du temps, de l’énergie. Mais ce moment de solitude n’était pas vide. Il m’a appris à écouter le terrain, ajuster ma route, faire confiance à ce que je savais et à ce que j’apprenais en marchant.


Moments d’apprentissage en groupe

Avec le reste du groupe, les journées étaient intenses.
Certaines tâches semblaient simples mais se révélaient complexes à plusieurs : installer un bivouac, gérer l’orientation, répartir les rôles. Des tensions apparaissaient. Des moments de doute aussi.

Et pourtant, l’entraide se mettait en place spontanément : un membre qui aide un autre à lire une carte, quelqu’un qui propose un raccourci, des discussions pour décider ensemble du meilleur itinéraire.


Le fil invisible

Ces expériences ont confirmé quelque chose que j’avais déjà perçu :

la capacité à tenir ensemble, à apprendre malgré l’incertitude, se construit par l’expérience, la pratique, l’ajustement continu.

Et c’est là que Mycellium prend sens.
Pas comme un outil ou un manuel.
Comme ce fil qui relie les expériences, qui soutient les collectifs dans leurs tensions, et permet à chacun d’apprendre en étant à la fois autonome et relié.


En quittant la forêt ce jour-là, je n’avais pas encore de plan précis.
Je savais seulement que ces expériences, accumulées avec d’autres, pouvaient devenir un fil capable de relier des collectifs dispersés, de soutenir des apprentissages dans l’incertitude.

Laisser un commentaire